Manufacture d’histoires Deux-Ponts : un savoir-faire renommé

Nous sommes à la rentrée, l’automne arrive à grands pas, et c’est tout près de Grenoble, à Bresson, que je m’aventure à la découverte de la Manufacture d’Histoires Deux-Ponts existante depuis les années 30.

Dès mon arrivée, je m’aperçois que ce lieu de travail ne ressemble pas à tous les autres. Une atmosphère conviviale et chaleureuse s’en dégage et pour cause : chacun des collaborateurs que je croise est souriant et accueillant, et le sapin construit avec des flacons de parfum disposé à l’accueil me donne déjà envie de voir approcher la période de noël.

Je suis accueillie par Cécile Kebbal, la DRH, qui connait par coeur l’entreprise pour y avoir évolué depuis 22 ans, et qui accepte de se livrer à mes questions. A la fin de notre échange, elle m’accorde une visite de cette manufacture unique de plus de 13 000 mètres carrés.

© La Manufacture d'Histoires Deux Ponts

© La Manufacture d’Histoires Deux Ponts

Quand la convivialité est une affaire d’histoire

Une histoire de famille

C’est en 1935 qu’André Caillat, fils d’agriculteur âgé de 23 ans, fonde à Grenoble une imprimerie. Cet établissement situé entre le pont du Drac et le pont du Vercors a alors pris le nom « Imprimerie des Deux-Ponts ». 52 ans plus tard, Laurent et Renaud Caillat rachètent l’imprimerie à leur père qui compte 22 salariés pour 7 millions de Francs de chiffre d’affaires à cette époque.

Secteur touché par la crise économique, ils ont su toujours se réinventer et être à l’écoute de leurs collaborateurs. Ainsi, en 2010, un espace « Ici on recherche et on développe » est consacré aux nouvelles techniques et aux nouveaux produits.

Cette grande famille, au cours de son histoire, a su développer un savoir-faire d’exception, qui a été reconnu et officialisé en 2012, avec l’obtention du label d’Etat EPV « Entreprise du Patrimoine Vivant ». Ce label rassemble des fabricants attachés à la haute performance de leurs produits et se distinguant par leur histoire, leur patrimoine, et leurs capacités d’innovation. Ce savoir-faire unique est aujourd’hui un véritable atout pour les 120 personnes y travaillant notamment quand ils collaborent avec des grands noms de l’industrie du Luxe, tels que Dior et Hermès.

Cécile Kebbal, à l’époque chargée d’autres missions au sein de la société, a été nommée pour créer un service RH qui était alors inexistant. A ses débuts, le nombre de salariés s’élevait à 40, elle a dû gérer la crise économique et participer au développement de l’entreprise selon la stratégie de la Manufacture. Aujourd’hui, elle détient également le statut de juge au sein du conseil des prud’hommes.

Quel est le quotidien de leurs collaborateurs ?

Cécile me raconte que les relations entre collaborateurs, sont « conviviales et entières », et que chacun « est solidaire et possède un esprit d’équipe ». Ici, nous pouvons croiser le PDG tous les jours, et lorsqu’ils reçoivent des titres tel que le cadrat d’or en 2016 (élu meilleur imprimeur français), la célébration a lieu dans l’atelier afin que tout le monde puisse y participer, et venir accompagné, s’il le souhaite, de leurs enfants.

Ils peuvent jardiner sur un espace dédié à cette activité, et un jour par semaine, ils ont la possibilité de participer à des cours de sophrologie, l’occasion de rencontrer des personnes issues de différents services.

Des journées portes ouvertes sont également organisées, réservées pour certaines aux salariés et à leur famille, afin que chacun puisse partager son métier et faire découvrir son lieu de travail à ses proches.

A quoi ressemble leur politique RH ?

La crise économique a, plus que jamais, confirmé la nécessité de déployer une communication proche et transparente auprès de leurs collaborateurs. De plus, afin de pouvoir répondre à un haut niveau d’exigence de qualité, ils sont très engagés dans la formation et la polyvalence de leurs employés. Au sein de la Manufacture, les employés ont accès à nombreuses opportunités d’évolution et de mobilité interne. Comme à titre d’exemple, tous les managers qui sont issus, au départ, de la production.

L’accent est mis sur l’apprentissage pour pouvoir perpétuer la renommée de l’entreprise et sur la reconnaissance, puisque « tout le monde contribue à l’image de l’entreprise et de la société ». C’est pourquoi, un diplôme d’Artisan du Patrimoine Vivant a été remis au salarié avec plus de 15 ans d’ancienneté.

Une attention particulière est donnée aux questions de bien-être et de pénibilité, ce qui est à l’origine de la mise en place d’actions comme les séances de sophrologie évoquées plus haut.

Quand est-il de leurs recrutements aujourd’hui ?

Le secteur de l’imprimerie étant un secteur particulier, certains métiers se raréfient. C’est le cas de cette Manufacture qui compte plus d’une trentaine de métiers et qui recherche depuis plusieurs mois un Doreur.

Pour terminer cet échange une question bonus étrange :

Si le poussin de neojobs était votre prochain collaborateur que dirait-il lors de son premier jour ?

« Chouette, enfin le premier jour » !

Encore merci à Cécile Kebbal pour cet échange en toute transparence et pour m’avoir permis de découvrir une fabrique qui a su conserver son authenticité.

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