Génération Y, qui êtes-vous ? qu’attendez-vous ?

Pourquoi ce sujet de la génération Y ? Je vous rassure, je ne me suis pas réveillée un matin et me disant “tiens, et si j’écrivais sur la génération Y”.  J’ai été conviée par l’association Entreprendre pour Apprendre (EPA), lors de leur soirée partenaire le 07 Avril 2015, pour intervenir une quinzaine de minutes sur la nouvelle génération sur le marché du travail, vaste sujet controversé. Le public de la conférence était composé d’enseignants, de représentants d’établissements d’études supérieures et de quelques entreprises. Donc lorsque vous lirez “vous”, le discours s’adressait à ce public-là. Je vous laisse donc découvrir la trame de mon intervention plus bas. Bonne lecture… si vous en avez le courage 😉

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I) Comparaison entre l’ancienne génération et la nouvelle

Bonjour à toutes et à tous, je suis Margaux Raab, dénicheuse de talents et co-fondatrice de NeoJobs, réservoir de jeunes talents au service des entreprises et je viens vous parler d’une nouvelle espèce : la génération Y. Avant de vous en dire un peu plus, j’aimerai qu’ensemble nous retournions dans le passé, au temps de nos grands-parents et arrières-grands-parents, et que nous observions leur environnement de travail. À cette époque, c’était métro, boulot, dodo. On était fidèle à son entreprise, et oui, 30 ans dans la même boîte, c’était normal. Au delà de cela, on bougeait peu. Passer d’un site à l’autre, d’une ville à l’autre voire même d’un pays à l’autre, était rare et marginal ! Et puis, finalement, on travaillait pour gagner de l’argent, point. Le travail était une fin, et non pas un moyen. Un autre exemple frappant est la manière dont les managers motivés leur troupe. Avant, pour motiver les équipes, on disait : « les objectifs sont clairs : je veux que l’on développe 20% à l’export, que l’on gagne 30% de CA ». C’est un véritable stéréotype, je sais, mais avouez qu’il a une part de vérité.

Si on revient petit à petit à notre époque : Mai 68 est passé, la popularisation d’Internet en 1999 a débuté et en 2007 le premier Iphone détrônait les téléphones portables. Toutes ces évolutions entrainent avec elles des changements au niveau du comportement et des attentes. Tenez, par exemple, ma grand-mère, qui avant attendait avec impatience mes lettres, me tweette pour que je lui envoie des snapchats. C’est dans ce genre de situation que l’on constate qu’une métamorphose des besoins et attentes de la population, et particulièrement de la génération Y, est en route. Vous vous rappelez de mon exemple pour motiver les troupes ? Aujourd’hui, que devons-nous dire ? Et bien plus ça : « Je vous propose un Paris-Sydney. Vous voulez y aller comment : paquebot, avion, kitesurf ? On va s’offrir une belle tranche d’adrénaline ! »
. Les émotions, faire rêver, raconter une histoire, sont désormais des éléments clés pour impliquer la génération Y dans son travail.

 

II) Génération Y, késaco ?

Alors finalement, qu’est-ce que la génération Y, cette jeune espèce bien étrange, née entre 1978 et 1994 et avec une désignation particulière ? Oui parce que si vous êtes néé le 31 décembre 1994 à minuit 01 vous faites partie de la génération d’après, désolée. Alors je ne sais pas pour vous, mais je me suis demandée : pourquoi la génération Y ? Plusieurs pistes expliquent cela : la génération précédente était X, celle d’après sera Z donc on suit l’ordre alphabétique, logique. Le seul hic est qu’il n’y aura plus de lettres d’alphabet pour les suivantes. Les deux autres pistes, et je les trouve très parlantes sont : 1- les Y se promènent avec des écouteurs dans les oreilles et le cordon forme un Y ; et 2- c’est une génération qui demande toujours « Pourquoi ? » (Why en anglais). Ils veulent comprendre le monde qui les entoure.

En France, ils représentent 13 Million, soit 21% de la population. Ce sont de jeunes individus hyperconnectés, geek et rebelles, du moins c’est ce que disent les médias. Et il faut l’avouer, ils ont souvent un avis négatif sur la question, un exemple flagrant est l’article de Madame le Figaro : Le stagiaire roi : ce monstre de la génération Y. Je vous laisse le découvrir, moi, je préfère passer mon tour pour le commenter.

Je suis sûre que vous êtes en train de vous demander mais comment peut-on gérer, manager, des personnes tout le temps connectées et rebelles ? Pour répondre à votre question, il faut s’attarder sur leurs attentes car ce sont ces dernières qui vous permettront de les motiver pour se lever chaque jour et de venir travailler efficacement dans une entreprise.

 

III) Les attentes de celle-ci

Selon vous, qu’attend cette cuvée de diplômés et futurs professionnels ? Beaucoup de choses et pas grand chose en même temps. Oui je sais, cela vous semble un peu confus, mais je vais vous expliquer.

Je vous le disais tantôt [ndrl : je fais des rechutes québécoises alors ne vous étonnez pas de voir “tantôt” ici] avant, la vie c’était surtout : métro, boulot, dodo, et cela était plus une fin qu’un moyen. Aujourd’hui avec les Y, cette tendance s’est inversée, c’est-à-dire que le travail est un moyen et non plus une fin. L’épanouissement au travail est important, et est devenue une des premières motivations dans le choix de carrière. Ils veulent être heureux dans l’entreprise et le job qu’ils occupent devient un moyen pour accomplir d’autres choses qui les anime et les passionne. Lorsqu’on regarde un peu les chiffres, on constate que 78% de la génération Y veut être employée par un organisme valorisant l’innovation pour laisser, d’une certaine manière, leur empreinte dans la société, se dire « j’y étais » et « j’y ai contribué ». C’est important et nécessaire pour que les Y soient toujours motivés.

Au delà du fait qu’ils ont besoin de s’épanouir, il faut que l’entreprise leur propose des missions intéressantes. Sans intérêt, pas de motivation et donc pas d’efficacité ni de productivité. En leur confiant des missions intéressantes, vous leur envoyez le message « J’ai confiance en toi et c’est pourquoi je te demande de t’occuper de cette tâche ». Il est d’ailleurs important de signaler que 81% de la génération Y espère être promue dans les 2 ans après son intégration dans l’entreprise. Cela s’explique du fait qu’ils ont envie d’avoir des responsabilités et de changer d’environnement. S’ajoute à cela, le fait qu’être reconnu et valorisé par leurs pairs pour le travail réalisé est un moteur de motivation non négligeable. Il ne faut pas confondre ce besoin de reconnaissance et valorisation avec l’envie d’être mis en avant. Il faut le voir comme un besoin de sentir que le travail réalisé est un véritable plus pour la vie de l’entreprise. Comme je vous l’ai expliqué, laisser leur empreinte et savoir que leur contribution compte sont des attentes fortes de la génération Y.

Et si à cela vous ajoutez un environnement ludique, une ambiance conviviale et une flexibilité dans leur emploi, vous parviendrez à impliquer la génération Y. Fini le travail où une pression sociale était palpable : heures de bureau strictes (l’heure c’est l’heure), un esprit de compétition parfois malsain, etc. Je vais vous épargner l’exemple de Google, parce qu’il est tout le temps utilisé. Je préfère vous évoquer une entreprise française, ancienne PME rachetée par un grand groupe : Michel & Augustin. Ce qui est intéressant c’est que malgré son rachat, Michel & Augustin parvient à conserver son esprit start-up. L’humour et le ludique sont autant sur leurs paquets qu’au sein de la structure. La bonne humeur est de rigueur et les salariés sont considérés et valorisés par leur entreprise. Cette ambiance un peu startup proposée attire de plus en plus. Pourquoi ? Parce que dans une petite structure, il est facile de créer du lien avec ses collègues de bureau, l’environnement est donc convivial, et les responsabilités qui vous sont confiées sont plus importante (gestion d’un projet de A à Z entre autres).

Bien sûr, je ne vous dis pas de copier Michel et Augustin, car il ne faut pas oublier qu’au sein des sociétés, il y a d’autres générations qui ne sont pas du tout attiré par ce type d’environnement de travail et puis cela peut prendre beaucoup de temps à mettre en place.

Enfin, je vous ai évoqué rapidement la flexibilité du temps de travail. Les Y la recherchent particulièrement pour avoir un équilibre entre vies professionnelle et personnelle. Le fait d’organiser leur emploi du temps leur permette de faire ce qu’ils aiment particulièrement : voyager.

Ce que vous devez retenir des Y, c’est qu’ils sont hyperconnectés, geek et aventurier, qu’ils ont envie d’un travail intéressant, valorisant et reconnu, d’une ambiance de travail conviviale et style start-up et de la flexibilité pour avoir un équilibre entre leurs vies professionnelle et personnelle.

 

IV) Marque employeur / Recrutement originaux

Tout l’enjeu va être pour les grandes entreprises de montrer à la nouvelle génération qu’elles innovent et apportent une certaine valeur à la société. Il faut travailler sur la marque employeur car tel un nouveau produit ou service, vous devez vous vendre. Vous pouvez créer des visuels spécifiques, intervenir sur des salons et forums étudiants pour être visible. Mais aussi, n’hésitez pas à sortir des sentiers battus. Par exemple, il y a quelques semaines, Red Bull a organisé un concours d’avion en papier dans plusieurs écoles de commerce. Grâce à cet événement, il véhicule une image décalée et « fun ».

En interne, vous pouvez commencer à changer quelques petits éléments pour améliorer le bien-être de vos employés, car n’oubliez pas, les employés sont les ambassadeurs de votre entreprise, traitez-les bien et ils vous le rendront. Vous pourrez utiliser leur témoignage pour attirer la nouvelle génération et lui transmettre le message « allez viens, on est bien dans l’entreprise ».

Un autre moyen est de casser une image trop stricte que vous pouvez véhiculer et notamment avec un recrutement original. Le recrutement est le SAS de votre société, même si vous ne sélectionnez pas tel ou tel candidat, le recrutement l’aura tellement marqué qu’il parlera de vous, et généralement en bien. Concrètement, il y a peu de temps, une banque grenobloise a organisé un recrutement décalé qui se déroulait en deux temps :

  • les candidats devaient poster sur un site dédié à ce recrutement original une vidéo les présentant ;
  • après en avoir sélectionné une dizaine, les étudiants passaient devant un « jury » à la différence que ce dernier était retourné comme les chanteurs dans l’émission The Voice.

Ainsi, casser les codes et surprendre vos potentiels salariés sont les meilleurs moyens pour les attirer. Vous pouvez bien sûr trouver d’autres exemples. L’essentiel est que votre recrutement décalé correspond à vos valeurs et votre état d’esprit.

Je vous ai dressé un portrait un peu particulier de la nouvelle génération, mais finalement, voici les 5 commandements de Julien Pouget, auteur du livre Intégrer et Manager la génération Y, que je vous propose :

  1. De flexibilité, tu feras preuve
  2. De la verticalité, tu t’affranchiras
  3. Dans la minute, tu leur répondras
  4. Des missions passionnantes, tu leur offriras
  5. Leur boulot, tu reconnaîtras

 

Sources :
http://metiers.wp.mines-telecom.fr/2014/01/24/ce-que-la-generation-y-attend-des-entreprises-etude-deloitte/
http://www.scienceshumaines.com/la-generation-y-va-t-elle-reinventer-le-monde_fr_28308.html
http://www.marketing-professionnel.fr/tribune-libre/comprendre-manager-generation-y-02-201.html
 
 

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